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Il était une fois...Pietro ''Piero'' Bonetti Imprimer Envoyer
Jeudi, 08 Août 2013 21:45

Il était une fois...Pietro ''Piero'' Bonetti

1946-1950 : 86 matches / 145 buts concédés
(Avec la Sampierdarenese - 1945-1946 : 19 matches / 32 buts concédés)

Pietro Bonetti lors de ses années blucerchiate et en 2009 lors d'une interview tv

Pietro ‘’Piero’’ Bonetti (né le 31/10/1922 à Brescia, décédé le 31/05/2012 à Gênes) était un footballeur italien évoluant au poste de gardien de but. Dans l’imagination des gens, il est considéré, à tort, comme le premier gardien de l’Histoire de la Sampdoria alors qu’en fait, il aura dû patienter la septième journée de 1946/47 et le premier Derby della Lanterna de l'Histoire pour connaître sa première titularisation sous le maillot blucerchiato. En effet, durant trois saisons, il va vivre une vraie concurrence féroce pour le poste de gardien titulaire avec Satiro Lusetti (qui eut donc les joies d’être le premier titulaire dans les buts sampdoriani). Par contre, Bonetti fût le dernier gardien de la Sampierdarenese précédant la fusion avec l’Andrea Doria. Pietro Bonetti est par ailleurs un joueur pleinement associé à la ville de Gênes puisqu’il aura défendu les couleurs de la Sampierdarenese puis de la Sampdoria et enfin du Genoa.

Au duel contre Baldini, son futur équipier blucerchiato, lors d'un Andrea Doria-Sampierdarenese

Formé et lancé dans le grand bain à Varese durant deux saisons, en Serie C, entre 1940 et 1942, il rejoint durant l’été de cette même année, le club de sa ville natale, Brescia, alors pensionnaire de Serie B. Une saison 1942/43 passée sans jouer une seule rencontre, étant alors dans l’ombre d’Aldo Olivieri, le mythique gardien de la Nazionale championne du monde 1938. Au terme du championnat, Brescia, grâce à sa seconde place, monte en Serie A mais les championnats nationaux prennent fin à cause de la Seconde Guerre Mondiale.

A la reprise des championnats, au terme de la guerre, Bonetti signe à la Sampierdarenese pour le championnat Alta Italia 1945/46, un exercice achevé à la dernière place par l’équipe génoise. Du fait de la création d’un championnat unique à vingt clubs et de la fusion avec l’Andrea Doria, la Sampdoria nait et prend place dans le nouveau championnat de Serie A 1946/47.

Les sorties aériennes étaient souvent bien maîtrisées par Bonetti, ici avec la Sampierdarenese

Il restera à la Sampdoria durant trois saisons, jouant une place de titulaire avec Satiro Lusetti, le gardien en provenance de l’Andrea Doria. Tout d’abord remplaçant en début d’exercice, il finit par s’imposer et joue vingt-quatre rencontres comme titulaire en 1946/47. Il finit donc sur une pente ascendante avant de perdre sa place lors du championnat suivant (seulement cinq titularisations). Lors des deux suivantes, il redevient le titulaire des cages blucerchiate. Durant l’été 1950, son aventure avec les sampdoriani prend fin, mais pas son histoire avec Gênes puisqu’après la Sampierdarenese et la Sampdoria il s’en va défendre les couleurs du Genoa, en compagnie d’une autre idole des tifosi doriani, ‘’Pinella’’ Baldini.

Un gardien qui savait s'imposer et rassurer sa défense

Il dira en 2009, ‘’choisir le Genoa a été une erreur, je n’y ai joué qu’une seule saison mais mon cœur est sampdoriano et en plus, le club rossoblù était dans une situation très difficile’’. Parti comme remplaçant d’Enrico Gualazzi, il va s’imposer comme titulaire à mi-saison, sans pouvoir éviter aux rossoblù les affres d’une relégation en Serie B suite à leur place de lanterne rouge de Serie A, le mal étant déjà fait. L’année suivante, l’arrivée du portier ‘’bandiera’’ de l’Inter Angelo Franzosi, le poussera sur le banc sans même connaitre une seule titularisation. Sa carrière est sur la fin puisqu’il poursuit une année supplémentaire, en 1952/53, à la Fiorentina, comme doublure de Leonardo Costagliola, là encore sans jouer une seule rencontre dans la saison. Il est alors temps pour lui de prendre sa retraite, à seulement trente-et-un ans et se lance dans la carrière d’entrepreneur.

C'est bon, ça passe à côté! Un arrêt au sol face au Genoa sur la droite

Excellent portier, spectaculaire sur sa ligne mais également dans les sorties aériennes, Bonetti fait partie des joueurs qui ont eu une carrière moins importante que ce qu’elle aurait dû être. Il a reconnu bien des dizaines d’années plus tard, en 2009, qu’il lui avait manqué un élément essentiel pour réussir une toute autre carrière : le mental. Il aimait le foot mais il aimait aussi la vie, les femmes, qu’il collectionnait à l’époque… Parmi celles-ci, il y eut Lucia Bosè (http://fr.wikipedia.org/wiki/Lucia_Bos%C3%A8), avec qui il vécut durant plus de deux ans, Miss Italia 1947 et ‘’diva’’ du cinéma italien que lui avait présenté Gina Lollobrigida (http://fr.wikipedia.org/wiki/Gina_Lollobrigida), elle aussi actrice superstar et accessoirement en couple avec un équipier blucerchiato à ce moment là…ce qui ouvrit les portes du cinéma à Bonetti pour quelques apparitions mineures (le film ’Ricchi e poveri (Briscola)'' -1949- d’Aldo Rossi, comptait ainsi la présence, en plus de Bonetti, de Mario Sabbatella, Giovanni Ballico et Arnaldo Lucentini, tous joueurs de la Sampdoria !).

Ses à-côtés lui prenaient du temps, de la concentration, de l’énergie, ce qui avait pour conséquence une irrégularité parfois dont profitait Satiro Lusetti, l’autre gardien blucerchiato avec qui la concurrence faisait rage pour être titulaire même si Bonetti déclare en 2009 : ’’Lusetti était une personne adorable. Avec lui on alternait dans les buts mais seulement parce que je faisais des caprices. Sinon j’étais le titulaire et je peux le dire, le meilleur de nous deux’’. Sans tous ces parasites, Bonetti aurait certainement pu être gardien en Nazionale, un vrai manque selon lui. Il disait ainsi en 2009 ‘’La Nazionale m’a manqué. J’ai été convoqué à sept reprises sans ne jamais jouer. Pozzo, le sélectionneur, me disait « Quand tu changeras ta tête ». Ce n’est jamais arrivé. J’étais trop capricieux parfois aussi. Bacigalupo (il décèdera dans la tragédie de Superga sur les hauteurs de Turin avec la quasi-totalité du Grand Torino) qui était le titulaire était également un ami. Je me rappelle d’un Sampdoria-Torino au cours duquel il fut merveilleux et qu’il traversa tout le terrain en courant pour me saluer à la fin du match’’. Passionné de cyclisme, il était ainsi un grand ami de Fausto Coppi, ce dernier étant régulièrement présent pour les rencontres de la Sampdoria ou pour s’entrainer avec eux et dormant régulièrement chez lui lors de ses passages à Gênes. Il fonda par la suite une compagnie aérienne, la Bonetti Aircraft Supports, laquelle est un grand groupe spécialisé dans l’aérospatial de nos jours.

Des plongeons spectaculaires...et son amitié avec Fausto Coppi, supporter blucerchiato!

Le 31/05/2012, il s’éteint dans sa ville d’adoption, Gênes ; il était le dernier joueur de la Sampdoria 1946/47 à être encore parmi nous pour évoquer les étoiles plein les yeux la naissance de son équipe de cœur. Il s’en est allé rejoindre ses amis Baldini et Bassetto et surtout rejoindre son épouse décédée d’une maladie incurable la trentaine à peine entamée… Nul doute qu’à l’heure actuelle, Bonetti veille sur la Samp comme il veillait sur sa ligne lors de ses grandes heures.

Ciao Pietro

Mise à jour le Samedi, 31 Janvier 2015 21:56
 
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