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Il était une fois...Giuseppe ''Bepi'' Moro Imprimer Envoyer
Mercredi, 07 Août 2013 20:55

Il était une fois...Giuseppe ''Bepi'' Moro

1951-1953 : 72 matches / 83 buts concédés

''Bepi'' Moro, le gardien fou

Giuseppe ‘’Bepi’’ Moro (né le 16/01/1921 à Carbonera et décédé le 28/01/1974 à Porto Sant’Elpidio) était un footballeur italien évoluant au poste de gardien de but. Considéré comme le meilleur gardien de son époque, Moro a toujours été un joueur fantasque, ayant régulièrement des rapports difficiles avec ses entraineurs et dirigeants. Celui-ci a même reconnu au terme de sa carrière, ce que beaucoup soupçonnait, le fait qu’il avait parfois vendu des rencontres, ce qui expliquait ses erreurs parfois vraiment trop grosses pour être vrai pour un joueur de sa trempe. Malgré un court passage à la Sampdoria – deux saisons -, Giuseppe Moro aura marqué de son empreinte l’Histoire blucerchiata. Retour sur la carrière de ce portier hors du commun (Pour ceux que cela intéresse, voici un lien fort complet sur sa carrière: http://it.wikipedia.org/wiki/Utente:Cucuriello/Appunti/Giuseppe_Moro ).

Les duels aériens étaient bien plus physiques à l'époque, Moro n'avait peur de rien ni personne

Encore aujourd’hui, il est considéré comme l’un des gardiens les plus spectaculaires de l’Histoire du Calcio, il était l’idole des tifosi de tous les clubs qu’il a défendu, son style de jeu plein de panache en faisant sans cesse un personnage à part. Il était de plus célèbre pour sa capacité à stopper les penalties ou à déconcentrer ses adversaires au moment de frapper ceux-ci en bougeant, criant, …ainsi, il reste encore aujourd’hui le spécialiste avec seulement seize buts concédés sur soixante-trois penalties concédés (article de la Gazzetta dello Sport à ce propos)! On le décrit encore aujourd’hui comme un génie qui ne suivait aucune autre règle que celle qu’il se fixait. Un gardien extraordinaire qui basait tout son jeu sur l’intuition, l’instinct. Il était capable de remporter des matches à lui seul mais aussi de faire des erreurs colossales qui pouvaient faire perdre ses équipes. Doté d’une personnalité débordante, il faisait souvent preuve d’arrogance à outrance envers ses adversaires, lesquels démarraient les matches souvent convaincus qu’ils n’arriveraient pas à marquer.

Tout bon qu'il était, Moro n'était pas imbattable pour autant

Formé à Treviso, ‘’Bepi’’ y débute en 1938 et restera au club jusqu’en 1947, à l’exception d’une saison, en 1942/43, lorsqu’il évolue à l’Alessandria, en Serie B. Son histoire avec Treviso se termina mal puisqu’il fut soupçonné d’avoir laissé filer le match face à la Lucchese (1-2) qui devait devenir sa future équipe selon les rumeurs de l’époque. Le club de Lucca se retira de toutes tractations à l’issue de la rencontre et Moro fut alors prié de se trouver un nouveau club, ce qu’il fit en rejoignant la Fiorentina contre six millions de lires. Une seule saison en Toscane, en Serie A, avant de rejoindre Bari (ici face à la Samp de Baldini). Jusqu’au terme du championnat 1950/51, il changea de club chaque saison. Après Bari, il s’en alla au Torino puis à la Lucchese. Titulaire dans tous les clubs qu’il rejoignait, Moro était en quelque sorte un des premiers ‘’mercenaires’’ de l’époque, signant sans cesse des contrats importants et partant au bout d’une saison seulement, à la recherche d’un meilleur salaire, ce qu’il trouvait toujours, ses qualités de gardien de but étant indéniable.

Perdre sa casquette en effectuant des arrêts spectaculaires lui arrivait souvent

Le 23 juin 1951, il rejoint donc la Sampdoria (un transfert de 20 millions de lires), afin de renforcer une équipe qui n’est pas réputée pour avoir une défense solide. Durant deux saisons, Moro alternera l’exceptionnel et le médiocre, étant capable des arrêts les plus fous mais aussi des erreurs les plus invraisemblables. Cela ne l’empêchait pas d’être apprécié des tifosi mais également d’être appelé en Equipe Nationale (six de ses neufs sélections eurent lieu durant sa période blucerchiata). Les rumeurs les plus folles concernaient le portier génois. Ainsi, la légende veut qu’une fois, lors d’un tir au but, sa casquette tomba alors que l’attaquant s’élançait et qu’il avait rattrapé la casquette d’une main et détourné le penalty de l’autre…un joueur phénoménal qui ne laissait personne indifférent. A la Samp aussi les alterna le bon et le moins bon, mais cela ne l'empêcha pas de s'attirer énormément de sympathie et de sortir régulièrement des matches de très haut niveau lui permettant de continuer à postuler au titre officieux de meilleur gardien du championnat, comme lors de sa performance face au Napoli en sepembre 1952

 

Quelques images du Bologna-Sampdoria de 1951.

Son nom reste à jamais associé à la Sampdoria également pour l’une des actions les plus folles de l’Histoire du Calcio. Sampdoria-Udinese, le 03/05/1953. La Sampdoria est menée 1-0 et se retrouve en difficulté au classement après un but concédé en début de match sur une frappe, sans danger, contrée par un joueur blucerchiato. On joue la 81ème minute de jeu, les sampdoriani n’arrivent rien à faire dans ce match, alors que le ballon sort en six mètres, Moro, excédé, enlève son maillot, appelle l’attaquant Alberto Galassi, lui prend son maillot floqué du n°9 et s’en va à toutes enjambées rejoindre le poste d’attaquant. Le ballon lui arrive dessus, sa conduite de balle n’est pas exceptionnelle mais au terme d’un une-deux avec Gei, le centre de ce dernier permet à Conti d’égaliser. Il aura fallu deux minutes à Moro pour provoquer l’action décisive des siens, il retourne alors prendre place dans ses buts non sans invectiver les siens. (A lire, l'article dans la presse le lendemain). C’était cela aussi ‘’Bepi’’ Moro, un joueur un peu fou mais qui savait se mettre le public dans la poche.

L'action expliquée en dessin...les photographes ayant été surpris par le comportement du gardien

 

 

Quelques images du Lazio-Sampdoria de 1953.

Un scène classique...Moro se désintéressant du ballon pour récupérer sa casquette tombée au sol...

En fin de saison, il s’en ira direction l’AS Roma, où il évoluera deux saisons encore – où on le surnommera ‘’le gardien de l’impossible’’ avant de finir sa carrière en Serie B, du côté de l’Hellas Verona en 1955/56. Au terme de sa carrière, il s'exila en Tunisie, cherchant à mettre de la distance avec un milieu du foot qui l'avait mis à l'écart.

Les sorties dans les pieds n'étaient pas toujours sans conséquences...

Un regret subsiste lorsque l'on regarde sa carrière de plus près, sa faiblesse d’avoir succombé à l’argent en laissant filer quelques matches. Cela lui a certainement coûté une superbe carrière en Nazionale mais aussi en club puisque c’est certainement pour cette raison là, principalement, qu’il n’est pas resté plus de deux/trois saisons dans chaque club qu’il a fréquenté en Serie A. Au bout d’un certain temps il était en effet rapidement mis à la marge du groupe, se mettant à dos aussi bien le staff technique que ses équipiers suite à des prestations individuelles qui mettaient le doute sur son engagement total lors des rencontres. Dix ans après la fin de sa carrière, durant l’automne 1965, il se présenta dans les locaux du Corriere dello Sport et confessa toutes les erreurs qu’il avait commises dans le passé…le Calcioscommesse n’est pas une histoire du foot moderne. Malheureusement. Un livre raconte ainsi la vie de ce mythique gardien italien, ‘’La vita disperata del portiere Moro’’.

Son côté acrobate lors d'un Fiorentina-Samp, remporté 1-0 par les blucerchiati en octobre 1951

En 1974, ‘’Bepi’’ Moro s’éteint, des suites d’une maladie ( document 1, doc 2 et doc 3). A sa mort, Dino Zoff, portier de la Nazionale, envoie son maillot azzurro en mémoire de ‘’Bepi’’. Il dit encore aujourd’hui : « Dans mes souvenirs, comme dans ceux de tous les passionnés de calcio, Giuseppe Moro reste un grand artiste parmi les gardien de but, un vrai mythe. Je l’ai vu joué peu de fois et seulement lorsqu’il était sur la fin de sa carrière malheureusement. Quand j’ai appris son décès, j’ai envoyé pour ses funérailles, en signe d’estime et de reconnaissance, mon maillot de la Nazionale. Ce fut un geste instinctif, en janvier 1974 mon maillot était invaincu depuis des années et Giuseppe Moro, qui avait honoré le maillot azzurro, était digne de l’endosser comme personne d’autre ».

A l'entrainement avec la Nazionale, en Novembre 1949, avant d'affronter l'Angleterre le lendemain

Ainsi, en Nazionale, Moro n’y a joué qu’à neuf reprises, mais n’a cependant pas démérité, brillant à chaque fois. Principalement lors d’un match face à l’Angleterre en novembre 1949 où il multiplia les arrêts réflexes mais aussi et surtout contre la Hongrie de Puskás, pour sa première sélection. Ce dernier, au terme de la rencontre, demandera même à ses équipiers de faire une haie d’honneur à ce gardien qui semblait un extraterrestre.

 

Quelques images de la première sélection de Moro en Nazionale, face à la Hongrie.

L'image qu'on conserve de lui, le spécialiste des penalties!

*** Petit complément d'information pour ceux que la carrière de Giuseppe Moro intéresserait.

Mise à jour le Samedi, 31 Janvier 2015 21:48
 
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