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Il était une fois…Azeglio Vicini Imprimer Envoyer
Samedi, 15 Février 2014 20:58

Il était une fois...Azeglio Vicini

1956-1963 : 191 matches / 6 buts

Azeglio Vicini (né le 20/03/1933 à Cesena) était un milieu de terrain qui a par la suite entamé une carrière d’entraineur qui le mena jusqu’au poste de sélectionneur de la Nazionale.

Seulement trois clubs fréquentés au cours de sa carrière pour Azeglio, quatre, si on compte ses débuts dans les équipes de jeunes de Cesena. L’équipe avec laquelle il est resté le plus longtemps est la Sampdoria dont il aura défendu les couleurs durant sept saisons entre 1956 et 1963. Cependant, si aujourd’hui on se souvient encore de lui dans l’univers du Calcio, c’est principalement pour son rôle de sélectionneur de la Nazionale lors du ‘’Mondiale 90’’.

Du temps de la Samp sur la gauche...sur le banc de la Nazionale sur la droite

Formé à Cesena, Vicini rejoint Lanerossi Vicenza (devenu Vicenza en 1990), équipe qui venait d’être créée sur les cendres de l’AS Vicenza, en Serie B, durant l’été 1953. Après une première saison positive achevée à la sixième place, il participe au titre de champion de Serie B la saison suivante et donc à la montée du club en Serie A. Neuvième au classement pour sa première saison parmi l’élite et un adieu à Vicenza puisque durant l’été 1956, il rejoint la Genova Blucerchiata en même temps que l’international autrichien, Ernst Ocwirk. La Sampdoria, dirigée à l’époque par Alberto Ravano, est un jeune club qui cherche à faire partie des clubs importants du pays et fait en sorte de mettre en place une équipe performante, une équipe capable de battre même les plus grosses formations du pays grâce à une grinta au-dessus de la moyenne.

Sa première saison à Gênes est une réussite puisque non seulement le club termine à la cinquième place finale mais il permet également à quatre de ses joueurs (Agnoletto, Farina, Firmani et Tortul) d’être convoqué en équipe nationale. L’année suivante est moins réjouissante puisque le club blucerchiato déçoit et n’atteint que la douzième place finale. Au cours des années suivantes, le club verra arriver des joueurs du calibre de Sergio Brighenti, Tito Cucchiaroni ou encore Lennart Skoglund, des éléments importants qui permettront au club génois de rêver au Scudetto (quatrième place en 1960/61). Ce classement, sommet de l’ère Ravano, sera également celui de sa fin puisqu’il quitte le club dans les semaines suivantes, le premier ‘’cycle d’or’’ de la Samp vient de prendre fin, l’arrivée de Glauco Lolli Ghetti comme président sera loin d’être positive pour les couleurs blucerchiate. Azeglio, après deux saisons décevantes pour la Samp (dixième puis onzième de Serie A), quitte Gênes et s’en va finir sa carrière à Brescia, alors en Serie B. Avec le club rondinelle, il connait la remontée en Serie A après dix-sept années d’absence, à l’issue du championnat 1964/65 (champion de Serie B). Il reste une dernière saison afin d’encadrer les plus jeunes en Serie A et prend sa retraite de footballeur à 33 ans au terme de la saison 1965/66.

Vicini, l'un des maillons forts de la Sampdoria des années 60

Azeglio était un joueur propre, toujours juste dans ses interventions et, malgré un poste de milieu axial qui le plaçait dans le cœur du jeu, jamais il ne reçut le moindre carton rouge ni même ne connut la moindre suspension. Joueur de l’ombre, il n’en demeurait pas moins un élément essentiel de ses équipes, un ‘’géomètre’’ du milieu de terrain qui savait à qui il ferait la passe avant-même d’avoir reçu le ballon. Son sens du placement et sa rigueur tactique lui ont permis de devenir un titulaire indiscutable au sein des clubs qu’il a fréquentés.

En 1967/68, il débute sa carrière d’entraîneur, toujours avec Brescia, une saison malheureuse qui se conclura par la relégation du club rondinelle en Serie B. L’année suivante, il entre dans le secteur technique de la Nazionale mais il devra attendre la saison 1975/76 pour se voir confier une sélection, l’Under 23. L’année suivante, la fédération italienne de football (FIGC) lui donne la charge de l’Under 21, fonction qu’il occupera durant dix ans. Jamais il ne remportera le titre de champion d’Europe de la catégorie d’âge, échouant en quart de finale (1978, 1980, 1982), demi-finale (1984) et perdant aux tirs au but en finale (1986).

Au terme d’un Mondial 1986 décevant au Mexique (élimination en huitième de finale 2-0 par la France ; une seule victoire en quatre rencontres), il prend les rênes de la Nazionale, succédant à Enzo Bearzot, vainqueur du Mondial 1982. Vicini change radicalement l’équipe en s’appuyant sur de nombreux jeunes qu’il avait lancés au cours des années précédentes en Under 21, misant sur des joueurs qui deviendront des éléments clés de ‘’son règne’’ comme Walter Zenga ou encore Roberto Donadoni. Il qualifie l’Italie pour l’Euro 1988 mais voit son chemin prendre fin en demi-finale après une défaite 2-0 contre l’URSS, pays organisateur, sous une pluie battante. L’Italie n’a pas gagné mais l’Italie a séduit grâce à ses nombreux jeunes et son jeu offensif, c’est donc sans surprise qu’Azeglio est confirmé à son poste et qu’il aura la dure tâche de conduire la Squadra Azzurra lors de son ‘’Mondiale 90’’.

L’Italie, en tant que pays majeur du foot mondial et que pays organisateur, fait partie des favoris. La sélection azzurra ne déçoit pas puisqu’elle atteint la demi-finale, d’où elle sortira vaincue par l’Argentine aux tirs au but. Une rencontre restée célèbre pour l’erreur de Zenga sur le but argentin mais également le soutien d’une partie du stadio San Paolo de Naples à l’Argentine de Diego Armando Maradona, alors joueur du Napoli. Le tournoi s’achève par une victoire sur l’Angleterre de Gay Lineker et Salvatore ‘’Toto’’ Schillaci devient le joueur symbole de ce Mondial italien avec son titre de meilleur buteur (six buts), lui qui était parti remplaçant au début du tournoi.
En 2013, Azeglio Vicini reconnait n’avoir qu’un seul regret concernant ce ‘’Mondiale’’, celui de n’avoir pas fait jouer Roberto Mancini, ne serait-ce qu’une seule minute au cours de la compétition, même lors du match pour la troisième place, chose que le numéro dix blucerchiato a très mal vécu, lui qui n’a jamais joué une seule rencontre de Coupe du Monde dans sa carrière ! Voici d’ailleurs ce qui vient à l’esprit de ‘’Mancio’’ lorsqu’on évoquait Azeglio Vicini avec lui en 2008 : ‘’Je n’ai été convoqué que pour un seul Mondial, celui de 1990 et Azeglio Vicini ne m’a même pas fait joué dix minutes, ni même lors du match pour la troisième place, mais ce ne fut pas la seule erreur qu’il commit. J’étais le capitaine de son Under 21, équipe qui comprenait Zenga, Ferri, Vialli, Donadoni, nous avons perdu la finale de l’Euro aux tirs au but. En 1990, je faisais partie des vingt-deux joueurs convoqués et Vicini, juste avant le Mondial, m’avait fait chaud au cœur en déclarant ‘’La surprise du Mondial, ce sera Roberto Mancini’’. Il a été quelqu’un d’honnête parce qu’en sept matches, je n’en ai pas joué un seul. Une vraie surprise. Soixante jours de stage pour au final faire le spectateur, c’est dingue! Vicini s’est très mal comporté avec moi, ne me donnant même pas d’explication. Très probablement, mon tort, comme celui de Vialli ou Vierchowod (lui aussi cantonné au banc de touche) était celui de jouer à la Sampdoria et non dans un club fort politiquement. Contre l’Argentine, il aurait suffi de faire jouer Vierchowod en marquage individuel sur Maradona et l’Italie se serait qualifiée pour la finale. Même un aveugle l’aurait vu. Mais pas Vicini. Maintenant que je suis entraîneur, je comprends encore moins ses choix. Mais il faut reconnaitre qu’il nous a fait un cadeau. Il nous a tellement énervés, il nous a tellement blessés dans notre orgueil que l’année suivante, avec la Sampdoria, nous avons remporté le Scudetto’’.

Vicini est resté à la tête de la Nazionale jusqu’en 1991, lorsque, mal embarqué dans les éliminatoires, il est remplacé par Arrigo Sacchi, lequel ne parviendra pas à inverser la tendance, l’Italie devant se contenter de regarder l’Euro 1992 à la télé. Au final, sa carrière en Nazionale est de 54 matches, 32 victoires, 15 matches nuls et 7 défaites. Par ailleurs, il compte six participations à une Coupe du Monde, deux en tant qu’adjoint de Ferruccio Valcareggi (1970/1974), trois en tant qu’adjoint d’Enzo Bearzot (1978/1982/1986) et donc celle en tant que sélectionneur en 1990, sans oublier qu’il a entraîné toutes les catégories d’âge de la Nazionale.

Il a par la suite entraîné Cesena en cours de saison 1993/94, le sauvant de la relégation en Serie C, puis l’Udinese la saison suivante avant de mettre un terme à sa carrière d’entraîneur. En 1995/96, il occupera le poste de conseiller technique de Brescia avant d’être à la tête de l’Association Italienne des Entraîneurs de Football. Enfin, il a durant de très nombreuses années occupé la Présidence du Secteur Technique de la FIGC avant de passer le témoin à son ancien joueur en Azzurro, Roberto Baggio, en août 2010.

Encore aujourd’hui, SA Nazionale est considérée par les spécialistes du Calcio en Italie comme la plus sympathique. Pas seulement pour ses records d’audience tv (27 millions d’italiens devant Italie-Argentine 1990, score jamais atteint depuis ni pour les finales des Mondiaux 1994 ou 2006 ou de l’Euro 2000) mais parce que la sélection de Vicini a été sans aucun doute la Nazionale qui aura été le plus supportée par les italiens, abattant ainsi la barrière des clubs d’appartenance des joueurs (malgré la demi-finale 1990 à Naples dans une ambiance spéciale). Cela est en partie dû aussi au fait que la Nazionale ne reposait pas seulement sur le bloc rossonero du Milan mais était également composée de joueurs de différents clubs, une vraie mosaïque représentative du Calcio d’alors, un peu comme la Nazionale de Prandelli qui n’exclut par les joueurs des ‘’provinciali’’. Il ne faut pas oublier également que Vicini n’a pas été perçu par le public comme une personne avec un parti pris. Cela est dû à son passé de footballeur au sein de trois formations – Vicenza, Sampdoria, Brescia - non détestées par les grands clubs du pays et d’entraîneur quasi exclusif avec la FIGC. D’autres sélectionneurs étaient clairement étiquetés à un club alors que des personnes comme Sacchi ou Lippi ont tous les deux été imposés à la fédération par leur club lorsque leur cycle s’est fini. Cependant, une frange de tifosi reproche toujours à Vicini de ne pas avoir remporté le moindre titre avec une génération dorée, peut-être la plus belle du football italien, elle qui comprenait des stars dans toutes les lignes et qui représentait peut-être l’âge d’or du Calcio.
 

Azeglio Vicini est encore aujourd'hui un personnage important du football italien

Mise à jour le Samedi, 31 Janvier 2015 22:08
 
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