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Il était une fois…Ernst ‘’Ossi’’ Ocwirk Imprimer Envoyer
Lundi, 02 Juillet 2018 00:00

Il était une fois...Ernst ''Ossi'' Ocwirk

1956-1961 : 164 matches / 38 buts
Entraîneur du club entre 1962 & 1965


Du jeune enfant à l'idole de l'Austria Vienne, de la Sampdoria et de l'équipe nationale avant de devenir entraîneur.

Ernst Ocwirk (né le 07/03/1926 à Vienne et décédé le 23/01/1980 à Klein-Pöchlarn) était un footballeur autrichien évoluant au poste de milieu de terrain avant de poursuivre sa carrière dans le football en tant qu’entraîneur. Il est encore aujourd’hui considéré comme l’un des meilleurs joueurs de l’Histoire du foot autrichien et l’un des meilleurs footballeurs de sa génération.

Formé au FC Stadlau, Ocwirk rejoint l’équipe de Floridsdorfer Athletiksport-Club, avec laquelle il débute en première division autrichienne. Ocwirk avait débuté sa carrière en tant qu’avant-centre jusqu’à sa rencontre avec Josef Smistik, membre de la ‘’Wunderteam’’ des années 30, lequel lui conseilla de se reconvertir en milieu de terrain…et de rejoindre son club, le Rapid Vienne. Ses bonnes prestations attirent l’attention des gros clubs du pays et c’est fort logiquement qu’il rejoint une équipe plus huppée…l’Austria Vienne, à 21 ans, en 1947/48. Dans son transfert vers l'Austria, le Floridsdorfer avait négocié la construction de rangées supplémentaires de sièges dans son stade ainsi que de vestiaires! Il restera au sein du club de sa ville natale durant neuf saisons, devenant une vraie star du football autrichien, remportant au passage trois titres de champion (1949, 1950, 1953) ainsi que la coupe nationale (1948 et 1949). Ses heures de gloire à l’Austria Vienne lui permettent également de connaître soixante-et-une de ses soixante-deux sélections en équipe nationale entre 1945 et 1956 (six buts).


Ocwrik lorsqu'il était un jeune joueur évoluant à l'Austria Vienne


Il est alors le prodige de l'Austria, le maître à penser et à jouer.

 


Les résultats du club et ses performances font de lui une star :
il est reçu par le maire de Vienne sur l'avant dernière photo.

Il connaît également les joies d’une participation aux Jeux Olympiques de 1948 à Londres même si sa nation est rapidement éliminée. Quelques saisons plus tard, devenu une vraie star en Europe, il conduit l’Autriche, en tant que capitaine, jusqu’en demi-finale du Mondial 1954 (défaite face à la RFA) et ne peut faire mieux que troisième, ce qui est déjà exceptionnel pour son pays. On retiendra le quart de finale Autriche-Suisse (7-5), considéré encore comme l’une des plus grandes rencontres de l’Histoire des Coupes du Monde (et celle avec le plus grand nombre de buts inscrits).

 


''Ossi'', lorsqu'il défendait les couleurs de l'Autriche

Pour Ocwirk, nommé par la FIFA dans l’équipe type du Mondial, cette Coupe du Monde sera sa seule expérience à ce niveau là puisque quatre saisons plus tard, il ne fait plus partie des plans du sélectionneur, payant son exil en Italie.


Ossi conduit l'Autriche jusqu'à la troisième place du Mondial 1954 en Suisse.


Avec Kocsis et Puskas avant une rencontre internationale face à la Hongrie.

 

En 1955/56, la Sampdoria finit sixième, un classement qui donna de l’ambition aux dirigeants blucerchiati, le président Alberto Ravano in primis. Celui-ci chercha alors à recruter un grand nom, un joueur étranger qui ait de la fantaisie dans les pieds et sache faire rêver des tifosi qui n’avaient pas l’habitude de voir leur club lutter pour les premières places. Lajos Czeizler, (ancien entraîneur du Milan, de la Lazio, sélectionneur de l’Italie…), alors directeur technique blucerchiato, parti prospecter à la recherche d’un attaquant pour le club, tomba par hasard, grâce à ses relations personnelles, sur Ernst Ocwirk. Sans trop hésiter, Czeizler, jugea le joueur autrichien comme la recrue parfaite pour la Sampdoria : joueur bien en jambes, costaud, le cerveau de son équipe sur le terrain, le physique d’un vrai athlète de haut niveau, capable de ne pas connaître de pauses au cours d’une rencontre, la recrue idéale pour n’importe quelle équipe. Le recruter ne fût pas difficile car, ‘’Ossi'’ (surnommé ainsi car les italiens n'arrivaient pas à prononcer son nom), alors âgé de trente ans, était perçu comme un vieux joueur à cette époque là. Durant l’été 1956, il quitte donc l’Autriche et l’Austria Vienne pour la Sampdoria pour environ cinquante millions de lires, montant non négligeable. Son arrivée est saluée par la presse italienne et ses débuts sont fracassants. Dés son arrivée à Gênes, Ocwirk se met le public dans la poche : c’est un beau joueur, qui joue toujours avec la tête levée et qui envoie le ballon où il le souhaite sans aucune difficulté.


Le génial milieu de terrain autrichien du temps de la Sampdoria.

 


Avec Firmani sur la gauche, Skoglund sur la droite et Milani sur la seconde photo.


Ocwirk, l'un des joueurs avec le plus de classe de l'Histoire de la Samp

Une victoire dans le derby qui donne des espoirs à tous les tifosi, le club étant alors en tête du championnat après cette victoire et alors que le mois de novembre débute...

Il restera cinq saisons à Gênes, cinq saisons au cours desquelles, malgré son âge avancé, il fera preuve de talent et sera le cerveau de l’effectif blucerchiato, en devenant même le capitaine, le vrai maître à jouer de son équipe, se démontrant l’une des stars du Calcio en alignant les performances de haut niveau semaines après semaines durant cinq années et participant activement à la quatrième place finale du club en 1960/61 (qui était à l’époque le meilleur résultat de l’histoire du club).

 


Vicini, Firmani...des équipiers de qualité dans la Sampdoria d'Alberto Ravano.

En Autriche, Ernst avait pris le poste de ‘’milieu de terrain méthodiste’’, le rôle de celui qui devait organiser le jeu aussi bien en défense qu’en attaque, la clé de voute de l’équipe. Ocwrik était alors considéré comme le meilleur joueur à son poste, étant même capitaine lors de matches amicaux regroupant les meilleurs joueurs européens, une sélection qui comprenait des joueurs comme Giampiero Boniperti ou Raymond Kopa par exemple. Egalement, pour avoir une idée du calibre du joueur qu'il était, la revue France Football l'avait élu meilleur footballeur du monde en 1952 (la revue ne créera son célèbre Ballon d'Or qu'en 1956 pour récompenser ce titre de meilleur joueur).


Ernst est convoqué pour les rencontres "all stars" de la Fifa, étant même capitaine. Aux côtés de Boskov sur la photo de droite.


Des rencontres "All stars" contre l'Angleterre et Barcelone...toujours capitaine.

 


Ernst, toujours décisif, même au cours des Derbies della Lanterna.

 

En Italie, il fit évoluer son jeu, le championnat italien étant déjà à l’époque beaucoup plus tactique que ceux des autres pays. Sa technique parfaite, sa précision absolue et son expérience lui permettaient de bien sentir les matches et le terrain, il avait la qualité du ‘’fuoriclasse’’, celle de se trouver toujours dans le vif du sujet, au cœur de toutes les actions. Mais ce qui étonnait le plus les tifosi, ce n’était pas tant sa fantaisie balle aux pieds ou son élégance innée que sa force tranquille sur le terrain. Au terme de ce championnat couronné de succès, ‘’Ossi’’, également surnommé ‘’Il genio del Prater’’, décide, à trente-cinq ans, de rentrer en Autriche, au sein de ‘’son’’ Austria Vienne, le temps de décrocher un nouveau championnat et une nouvelle coupe nationale…et une dernière sélection en équipe nationale, six ans après ! Son remplaçant à la Samp est un yougoslave, un certain Vujadin Boskov... A la même époque, les journalistes italiens l’élisent comme le meilleur joueur de l’alors courte Histoire de la Sampdoria.


Partie de tennis avec Bernasconi...un esthète sur le terrain de football.


A droite, au duel avec Tito Cuccharioni lorsque celui-ci évoluait à l'AC Milan.

Il effectue trois rencontres en 1962/63 (que l’Austria Vienne remportera en fin de saison), avant de raccrocher les crampons et de débuter une carrière d’entraîneur au sein de la Samp au cours de la saison 1962/63, en remplacement de Roberto Lerici (qui avait succédé à Eraldo Monzeglio en fin d'exercice précédent, lequel avait fait en sorte de mettre fin à l’aventure d’Ocwirk à la Samp l’été précédant, sentant le vestiaire être dans les mains des ‘’sénateurs’’ Bernasconi, ‘’Ossi’’, Vicini ou encore Bergamaschi !). Il restera sur le banc blucerchiato jusqu’en 1965 et son licenciement et remplacement par un autre ancien de la maison, Giuseppe Baldini, deux saisons et demi peu concluantes pour ‘’Ossi’’ : En 1962/63, associé à ''Gipo'' Poggi, il réussit à atteindre la onzième place finale. La saison suivante, il n'obtient le maintien aux dépends de Modena uniquement grâce à une victoire dans un barrage (2-0) pour départager les deux équipes. En 1964/65, il ne réussit pas à tenir son vestiaire, principalement à cause des caprices de Barison, Lojacono ou Sormani et l'expérience prend donc fin, ''Pinella'' Baldini lui succédant.


Il débute alors une carrière d'entraîneur à la Sampdoria, la seconde photo est prise lors du stressant barrage face à Modena en 1964.
Il prend ensuite les commandes de l'Austria Vienne (photo de droite).

Il sera cependant l'entraîneur qui lancera Mario Frustalupi ou encore Giancarlo Salvi dans le grand bain de la Serie A. Par la suite, en Autriche,il introduira le professionnalisme du football en rentrant à Vienne où il entrainera l’Austria durant cinq saisons entre 1965 et 1970 (Coupe d’Autriche 1967 remportée). Ses méthodes d'entraînement sont rigoureuses et l'équipe est dirigée de manière stricte.


Au poste d'entraîneur de l'Austria durant les années 1960.

Par la suite, il connaitra deux expériences avec le FC Cologne (finaliste Coupe d’Allemagne 1971) et l’Admira Wacker (1971-1973). Habitué à être ‘’entraîneur sur le terrain’’, vrai patron d’une équipe balle aux pieds, Ocwirk n’avait pas le même talent et la même chance lorsqu’il devint un ‘’entraîneur sur le banc’’.


Ses expériences supplémentaires comme entraîneur : cette carrière n'a pas été une grande réussite...

Quelques saisons plus tard, les premiers symptômes de la maladie font leur apparition, une maladie très grave, la SLA (sclérose latérale amyotrophique, également appelée maladie de Charcot). Ernst perd ce dernier match face à la maladie et meurt prématurément à cinquante-trois ans, le 23 janvier 1980 (la même date que le décès de Matthias Sindelar, autre star du foot autrichien, quarante-et-un an plus tôt). Son décès, associé à ceux de Tito Cucchiaroni, Guido Vincenzi, Enzo Matteucci et Francisco Lojacono, tous morts prématurément, met le doute quant à l’usage de produits dopants ou alors à la surmédicalisation présente alors dans le Calcio (http://archiviostorico.corriere.it/2003/marzo/27/Samp_morti_sospette_co_0_030327111.shtml). A noter qu’Ocwirk, enterré à Vienne, a été choisi dans la meilleure équipe d’Autriche du siècle en 2001, ce qui est tout sauf une surprise.

Ernst était reconnu pour sa consistance au milieu de terrain et son style de jeu, tout en technique et esthétisme tout en ayant des qualités intéressantes dans le jeu aérien et le jeu long. Il était d’ailleurs surnommé ‘’Clockwork’’ par les médias anglais, que l’on pourrait traduire par ‘’réglé comme du papier à musique’’, soulignant le niveau de jeu du joueur, sa régularité, toujours parfait dans son rôle de maître à jouer, le vrai métronome de ses équipes. Il était également fortement apprécié par les fans pour sa modestie et son fairplay. Il est encore aujourd'hui rappelé en Autriche comme l'un des meilleurs joueurs de son Histoire, il est d'ailleurs le premier autrichien à avoir évoluer en Italie. En 2011, pour le centenaire de l'équipe nationale, il faisait partie du "Onze d'or". Il a également eu droit à un timbe à son effigie, il fait encore parfois la couverture de revues footballistiques et à un pan de mur qui lui est consacré dans le musée de l'Austria Vienne.


Un timbre à son effigie en Autriche.

Mais il est évident que jamais ‘’Ossi’’ ne serait resté dans l’Histoire de la Sampdoria (ou dans celle de l'Austria Vienne) si la classe qu’il dégageait sur le terrain n’avait pas été associée à des résultats sportifs alors inconnus et inespérés dans la Gênes Blucerchiata.

Ciao Ossi !
 

Mise à jour le Samedi, 28 Juillet 2018 17:20
 
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