Home
Il était une fois...Francesco Morini Imprimer Envoyer
Dimanche, 04 Février 2018 21:25

Il était une fois Francesco Morini

1963-1969 : 165 matches 


Le jeune Francesco du temps de la Samp, puis expérimenté à la Juventus et en Nazionale

Francesco Morini est un ancien joueur de football italien, évoluant en défense au poste de stoppeur. Il a par la suite tenu le poste de dirigeant sportif. Il était surnommé « Morgan », en référence à Henry Morgan, célèbre pirate gallois du XVIIème siècle, pour sa capacité à récupérer le ballon dans les pieds de ses adversaires, comme un pirate (même s’il dira dans une interview, qu’il souffre cependant du mal de mer !). Francesco Morini reconnaît lui-même qu’il n’était pas le plus habile des joueurs techniquement « je savais que j’avais des limites bien sûr, je ne faisais pas des ouvertures millimétrées, je préférais poser le ballon et jouer balle à terre à un équipier proche de moi ». Cependant, il compensait ce manque technique pas un excellent sens de l’anticipation et par un physique qui lui permettait de maitriser les attaquants adverses. Un certain Gigi Riva, dira de lui « C’est le défenseur le plus méchant avec lequel j’ai dû me battre. Par méchant, j’entends qu’il avait de la grinta, qu’il donnait tout sur le terrain, mais il n’est pas déloyal. C’est comme doit l’être un défenseur moderne. Il joue avec tout le corps afin de ne pas se faire passer. J’ai affronté tous les défenseurs de mon époque et personne ne m’a donné tant de fil à retordre que lui, tellement, qu’à la longue, j’ai dû me rendre ». Bien que souvent associé à l’Histoire de la Juventus, il est aussi considéré encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs – si ce n’est le meilleur – défenseur de la Sampdoria depuis la naissance du club en 1946.
Malgré plus de 400 matches professionnels dans sa carrière, Morini n’a jamais inscrit le moindre but officiel, même si l’intéressé corrige : « Pour dire la vérité, j’ai marqué une fois, dans un tournoi italo-anglais, disputé en été il y a de nombreuses années. Le manque de but ne m’a jamais posé de problème, parce que je prenais beaucoup plus de plaisir à faire en sorte que le joueur que je devais marquer n’inscrive aucun but. Pour moi, cela équivalait à un but ».


Une victoire dans le tournoi de Viareggio 1963 puis les débuts en Serie A en 1964.

Formé dans les équipes de jeunes blucerchiate, Francesco remporte le tournoi international de Viareggio le 25/02/1963 en battant en finale Bologna (2-1). Dans cette équipe, en plus de Morini, on retrouve deux autres joueurs qui marqueront l’Histoire de la Sampdoria : Mario Frustalupi (202 matches avec la Samp) et Giancarlo Salvi (291 rencontres en blucerchiato). Francesco Morini effectue ses débuts en Serie A à dix-neuf ans et demi le 02/02/1964 avec la Samp (défaite 0-2 contre l’AS Roma) pour remplacer Giovanni Delfino. Il conserve sa place de titulaire jusqu’à la fin du championnat formant un axe très fort aux côtés de Bergamaschi et Bernasconi. Il est même aligné malgré son jeune âge lors du spareggio face à Modena le 07/06/1964 à Milan, une victoire 2-0 (buts de Barison et d’un autre jeune, Salvi) qui permet au club de se maintenir en Serie A.


Un défenseur apprécié de tous et dont les qualités ne passèrent pas inaperçues

Il restera dans la Gênes Blucerchiata jusqu’au terme de la saison 1968/69. Ses saisons sampdoriane lui permettront de se mettre en lumière au niveau national, malgré une relégation en Serie B en 1965/66. Heureusement, au bout d’un an et un titre de champion de Serie B, la Sampdoria retrouve l’élite en fin de saison 1966/67. Cette saison-là, il compose une charnière centrale de très haut niveau aux côtés de Guido Vincenzi, la Samp ne concédant que 19 buts en 38 rencontres et finissant meilleure défense du championnat.


Au centre, en pélerinage à Notre Dame de la Gare avec Vincenzi avant de remonter en Serie A en 1967.

Durant l’été 1969, après six années à la Sampdoria, le défenseur rejoint la Juventus en compagnie de Roberto Vieri en échange de Romeo Benetti (une seule saison à la Samp avant des transferts à l’AC Milan et un retour à la Juve et 55 sélections en Nazionale). Deux personnages complètement différents : l’un concret, attentif, précis, attaché à la profession, l’autre, Vieri, génial, inconstant, promesse jamais réellement maintenue du monde du calcio. Francesco défendra les couleurs durant les onze années à venir, un club qui lui permettra d’être reconnu au niveau national, remportant cinq Scudetti, une Coppa Italia (1978/79) et une Coupe Uefa (1976/77), premier trophée international du club bianconero ! Il reste titulaire de l’arrière garde de la Vieille Dame jusqu’à l’été 1978.

Sa dernière année, il n’effectue que quinze rencontres puis quitte l’Italie, à 35 ans, pour effectuer une dernière pige au Canada, au Toronto Blizzard, en 1980. « A la Juve, j’ai passé des années magnifiques. Nous avons obtenu des résultats excellents, aussi bien en Italie qu’en Europe. Je n’ai qu’un seul regret : Belgrade. Nous étions en 1973, finale de la Coupe des Champions, perdue contre un grand Ajax, mais pas si grand non plus. Bref, nous aurions pu la gagner, mais bon, ça s’est fini comme tout le monde le sait (défaite 1-0, but de Johnny Rep) ».


Sur la gauche, aux côtés de Cruyff, au centre, pour une rencontre face à Cristin et la Sampdoria


386 matches de Serie A et 30 de Serie B pour lui au terme de sa carrière. A ce total, il faut ajouter ses onze sélections en Nazionale, une joie qu’il ne connaît que le 25/02/1973 à Istanbul contre la Turquie (0-1). Il fait partie l’année suivante des joueurs sélectionnés pour le Mondial 1974, disputé en Allemagne de l’Ouest. Malheureusement, l’aventure tourne court puisque la Nazionale ne passe pas le premier tour, éliminée à la différence de buts par l’Argentine. Francesco eut une relation difficile avec la Nazionale, étant ignoré par les différents sélectionneurs de l’époque malgré de très bonnes performances en club, aussi bien à la Samp qu’à la Juve. Morini était un des rares athlètes jamais maitrisé, d’une grande utilité, capable de jouer avec une cheville foulée, avec un muscle douloureux. Il arriva à prendre au marquage un extraterrestre comme Cruijff malgré un talon hors d’usage. Il suffisait d’une infiltration antidouleur pour qu’il soit sur le terrain.


Une carrière en Nazionale pas à la hauteur de son talent.
A droite, lors de la défaite face à la Pologne au Mondial 1974, qui prive la Nazionale de qualification au second tour.


Au terme de sa carrière, il s’intéressa rapidement à une poursuite dans le monde du football dans un rôle de dirigeant. Après des études de langues durant son séjour au Toronto Blizzard puis avoir suivi le cours de manager de Coverciano, Francesco effectua son retour à la Juventus durant l’été 1981 pour y tenir le poste de directeur sportif, « un type de travail qui m’a toujours fasciné et passionné », une charge qu’il occupera jusqu’à son licenciement au terme de la saison 1993/94.


Morini, n°24 des Toronto Blizzard et les premières publicités dans le foot


Par la suite, il interviendra régulièrement comme ‘’polémiste’’ dans l’émission de télévision privée Telelombardia. De toute sa carrière sur et hors des terrains, on retiendra son élégance, sa gentillesse, sa distinction ou encore son sérieux. Et une question présente dans l’esprit de nombreux tifosi blucerchiati. Et si Francesco Morini n’était – en compagnie de Pietro Vierchowod – ni plus ni moins que le meilleur défenseur de l’Histoire de la Sampdoria ?


Et s'il était le plus grand défenseur de l'Histoire Sampdoriana ?

  

Grazie « Morgan » Morini !

Mise à jour le Dimanche, 04 Février 2018 21:50
 
Derniers résultats

30/10 - Verona - Sampdoria (20h45)
26/10 - Sampdoria - Atalanta 1-0
20/10 - Livorno - Sampdoria 1 - 2
06/10 - Sampdoria - Torino 2 - 2