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Il était une fois…Giovanni « Martello » Delfino Imprimer Envoyer
Lundi, 29 Janvier 2018 20:42

Il était une fois…Giovanni « Martello » Delfino

1953-1970 : 255 matches / 3 buts

Giovanni Delfino, surnommé « Martello » (marteau) était un joueur de football italien ayant évolué au poste de latéral gauche durant des années au sein de l’arrière-garde blucerchiata. A l’image d’un Paolo Marocchi, Giovanni Delfino est un pur produit sampdoriano puisqu’il est formé au club durant les années 50. A l’exception d’un prêt en 1956/57 à la Virtus Entella afin de s’aguerrir, à vingt ans, en quatrième division. A part cet intermède, Giovanni Delfino évoluera à la Sampdoria de 1958 à 1970, devenant une vraie ‘’bandiera’’ du club blucerchiato en traversant toute la décennie des années 60 avec le plus beau maillot du monde sur le dos. Numéro 3 sur le dos, ultra performant dans le domaine aérien, et un très bon sens de l’anticipation, un esprit de guerrier, telles sont les qualités qui ont permis à « Martello » de devenir un pilier de la formation blucerchiata. Il tient son surnom des tifosi sampdoriani qui aimaient en lui sa grinta, son marquage implacable qui laissait peu d’espace aux adversaires et sa ténacité sur le terrain. En nous appuyant en partie sur une interview réalisée en 2006 à l’occasion de ses 70 ans, Tifosamp vous offre un résumé de la carrière de Giovanni Delfino.

Giovanni fait ses débuts en Serie A durant la saison 1958/59 lors d’un Sampdoria-Triestina le 28/12/1958, une victoire 2-0 (buts d’Ocwirk et Cucchiaroni). Sur ses débuts contre la Triestina, il disait ainsi : « A l’époque, il n’y avait pas de remplacements donc les équipes partaient au vert en petit nombre. Quelques heures avant le match, Bergamaschi s’est senti mal, on m’a contacté à Sestri Levante alors que j’étais en train de manger des ravioli, on m’a dit de prendre un taxi en urgence et d’aller directement à Marassi. Il n’y avait pas d’autoroute, la route était toute en virages et j’étais à la limite de vomir mon repas qui dansait dans mon ventre. C’est pour ça que dés le début de match, en plus de la tension, j’ai vomi au bord du terrain, mais ça s’est bien passé puisque nous avons gagné ». Cette même année 1958, Delfino remporte le tournoi de Viareggio « En attaque, il y avait Mora, Bolzoni, Recagno et en défense Tomasin. Le gardien était Sardelli, le fils de Tojo, bandiera genoana. Moi j’étais arrivé à la Sampdoria à 16 ans en provenance de la province d’Alessandria. Mon cousin, Luciano, quelques années avant moi, était arrivé à Gênes lui aussi, mais chez les rossoblù ».
Durant les premières années, il est utilisé comme joueur d’appoint, servant lors des blessures ou suspensions, il était en effet dur pour un jeune joueur de venir concurrencer les Vincenzi, Bernasconi…


Victoire dans le Tournoi de Viareggio avec la Primavera Blucerchiata en 1958.

Il gagne ses galons de titulaire à partir de la saison 1962/63, à 25 ans, formant par la suite pendant longtemps la ligne défensive blucerchiata avec Garbarini, Morini et Dordoni. Durant six années, il est titulaire indiscutable de la Samp avant de perdre peu à peu du temps de jeu au profit de l’émergent Pietro Sabatini (174 matches avec la Sampdoria et 9 années au club). En mai 1969, comme souvent, la Sampdoria luttait pour son maintien, qui, une fois arraché, valait bien un scudetto pour les tifosi. « Martello » ne se rendait jamais, il se rappelle d’un Samp-Vicenza, à trois journées de la fin de la saison, où les doriani étaient en très mauvaise posture pour se maintenir, face à un concurrent direct, le score était de 0-0 à la 89° minute. « Il y avait trop de pression et mes équipiers les plus jeunes étaient comme paralysés. Il semblait que j’étais le seul à vouloir gagner ce match. A la dernière minute du match, le ballon allait sortir en sortie de but, je me suis lancé en l’air et ai gardé le ballon en jeu en le remettant en retournée au centre. Sabadini n’a eu qu’à pousser le ballon de la tête au fond des filets. Le match s’est fini sur le score de 1-0 et mes équipiers m’ont porté en triomphe sur leurs épaules ».


Au centre, Martello porté en triomphe suite à la victoire sur Vicenza en 1968-69.

Au terme de la saison 1969/70, et après cinq dernières rencontres en Serie A, « Martello » rejoint la Serie D et la Gaviese pour une dernière saison en douceur, saison achevée à une honorable sixième place finale. Il est ensuite temps de raccrocher les crampons à 35 ans. Après sa retraite, il entraîne pendant un moment les jeunes de la Sampdoria : « Je prenais juste de quoi me rembourser les frais d’essence. Mais un jour, Montefiori, le responsable du secteur des jeunes m’a convoqué pour me dire ‘’Delfino, tu influes trop sur nos finances…’’. J’ai pris la porte et à la Sampdoria ils ne m’ont plus jamais vu, je n’ai jamais remis les pieds au stade ». Sa carrière de footballeur finie, il débutera une nouvelle carrière, durant 30 ans, celle de carrossier, en cogestion avec son beau-frère.


Giovanni Delfino du temps de la Samp et de la Gaviese en 1970/71.

255 rencontres (3 buts) entre 1957 et 1970 sous le maillot blucerchiato pour lui ! A ce sujet, il disait dernièrement « J’ai joué presque 300 matches en comptant la Coppa Italia. Et ils valent comme presque 500 de nos jours parce qu’alors il n’y avait pas de remplacements. Si tu te faisais mal, on t’envoyait sur l’aile, si bien que le « but du boiteux » était entré dans la mythologie du football de cette époque. Maintenant, tu joues deux minutes et on te compte comme si tu avais passé quatre-vingt-dix minutes sur le terrain. J’ai débuté en 1958 et j’ai arrêté en 1970, j’ai connu trois générations de joueurs. Accroché au mur de ma maison, il y a une photo de l’équipe de la quatrième place finale, la saison 1960/61. Ça a été la plus grande Sampdoria de tous les temps, plus forte encore que celle de Vialli et Mancini. Le Scudetto aurait pu arriver trente ans plus tôt si seulement il y avait eu un autre entraîneur. Monzeglio était un gentilhomme, mais on ne peut certainement pas dire qu’il était un très fin stratège. A domicile, on gagnait tout le temps, il aurait suffi de quelques matches nuls de plus en déplacement. Monzeglio proposait la même équipe qu’à Marassi mais Skoglund se cachait parce que les défenseurs faisaient leur possible pour faire mal. Du coup ça énervait Cucchiaroni qui commençait par se disputer avec Nacka (Skoglund) ou l’insultait puis finissait par se disputer avec les adversaires. C’était comme jouer à deux de moins ». Cette saison-là, le jeune Delfino jouait lors des blessures des titulaires : « Milieu de terrain à courir et récupérer les ballons, c’était les anciens de l’équipe qui décidaient quand je devais jouer ou non. S’il y avait un adversaire difficile à marquer, ils me le confiaient. Bergamaschi me le dit clairement avant un match à San Siro contre Milan. ‘’Demain, il y a Schiaffino. Moi je ne joue pas, c’est pour toi’’.


Martello Delfino, chez lui, dans son salon, où trône une photo de la saison 1960/61.

Delfino évoque aussi quelques-uns des équipiers côtoyés : « Vicini était un médiocre, mais il était très doué avec la langue. Quand il parlait, il t’enchantait, ce n’est pas un hasard s’il est arrivé à entraîner la Nazionale. Même Lippi est devenu sélectionneur, à mon époque, c’était un gamin timide et bien éduqué qui était rattaché à l’équipe première. Morini, techniquement, était un zéro, mais il avait une volonté de fer, il est arrivé à la Juventus et en équipe nationale, montrant bien que pour un défenseur, l’application est une qualité fondamentale. Avec Vincenzi, il y avait une complémentarité extraordinaire, lui te couvrait vraiment, il savait toujours comment se positionner. Frustalupi était un vrai cerveau. Giancarlo Salvi était un joueur atypique : attaquant, milieu offensif, milieu relayeur. Ernst Ocwirk ? Le joueur le plus fort avec lequel je n’aie jamais joué. Le classique milieu de terrain organisateur, le cerveau créateur de l’équipe. Il se mettait devant la défense et faisait tourner l’équipe. Il me disait ‘’Reste à mes côtés et tout te semblera facile’’. Il avait raison, à côté de lui on pouvait jouer les yeux fermés ».
Sur Bernardini, l’un de ses entraîneurs à la Samp : « C’était un philosophe, il savait gérer un vestiaire. Mais tactiquement, ce n’était pas une référence. Je me souviens d’un match au Comunale contre le Torino. De mon côté il y avait Meroni qui était tout en dribbles, moi j’étais rapide et réactif, c’était un beau duel. A un certain moment, Meroni a changé d’aile, du côté de Vincenzi et Bernardini est resté impassible sur le banc, après dix minutes on était menés 2-0 ».

Son application, sa ténacité, sa détermination, sa force mentale et physique, ont fait de lui une bandiera de la Samp des années 60, un joueur qui ne se rendait jamais et dont les tifosi étaient fiers de voir porter la tenue blucerchiata. Les choses se sont arrangés avec la Sampdoria ces dernières années puisqu’il a été invité au siège du club et qu’une belle interview a été effectuée en 2017 au moment de fêter la deuxième victoire dans le derby. Deux victoires dans le derby dans la même saison, ce n’était plus arrivé depuis l’époque de « Martello » Delfino !

 

https://www.youtube.com/watch?v=xJyGtXLclqs

Forza « Martello » Delfino !

Mise à jour le Lundi, 29 Janvier 2018 21:30
 
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