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Il était une fois...Gipo Poggi Imprimer Envoyer
Samedi, 27 Janvier 2018 22:05

Il était une fois… « Gipo » Poggi

1928-29 : 7 matches avec La Dominante
1930-31 : 4 matches avec Le Liguria
1931-36 : 139 matches / 29 buts avec La Sampierdarenese
1945-46 : 16 matches avec L'Andrea Doria
1946-47 : 5 matches avec La Sampdoria

 

Ernesto Matteo Poggi, connu comme « Gipo » Poggi (né à Gênes le 23/02/1913 et décédé dans la même ville le 03/01/1992) a été un milieu de terrain et un entraineur de football italien. On l’appelait Poggi II afin de la distinguer de son grand frère, Luigi, footballeur lui aussi et connu comme Poggi I. Si « Gipo » n’est pas le footballeur le plus connu du football italien, il est pourtant l’une des plus grandes figures du football ligure. Il est en effet le seul joueur à avoir évolué sous les couleurs de tous les clubs majeurs de sa ville de Gênes : La Dominante, Liguria, Sampierdarenese, Genoa Andrea Doria et Sampdoria (par ordre chronologique). Voici son histoire.

Poggi fait partie de l'équipe de La Dominante battue par la Roma en 1929, à tout juste 16 ans !
Au centre, lors de son premier passage au Genoa (0 match cette saison là) puis lors de son arrivée à la Sampierdarenese. 

« Gipo » fait ses classes au sein du club de La Dominante et débute en Serie A lors de la saison 1928/29 disputant sept rencontres (deux buts inscrits). L’Associazione Calcio La Dominante est un club fondé en juillet 1927 de la fusion entre l’Andrea Doria et la Sampierdarenese. Une fusion imposée par le régime fasciste qui ne voulait pas plus de deux équipes par ville. En finissant dixième sur seize équipes, La Dominante est reléguée en Serie B en fin de saison. Durant l’été, il rejoint le Genoa (appelé alors « Genova 1893 » sur décision du régime fasciste qui voulait italianiser les noms des équipes d’origine anglaise), il n’y reste qu’une seule saison sans effectuer la moindre rencontre. Pour l’exercice suivant, il retourne à La Dominante, qui entre-temps a changé de nom et s’appelle désormais Foot Ball Club Liguria suite à la nouvelle fusion forcée du club, avec la Corniglianese cette fois-ci, et joue, en Serie B, dans un maillot rouge à rayures noires, semblable à celui de Nice ou Milan de nos jours. Quatre petites rencontres pour lui et il ne peut que constater le manque de talent de l’équipe qui finit dernière du championnat.


Buteur contre le Torino de Sperone à gauche et impuissant face au Brescia de Piola à droite.

Le régime fasciste, conscient du manque de résultats de l’équipe, laisse le champ libre aux anciens dirigeants de la Sampierdarenese pour relancer le club. L’équipe remonte en Serie B dès la première année puis remporte la Serie B au terme de la saison 1933/34 grâce à une victoire 1-0 à Bologna le 24/06/1934 en barrage contre Bari ! Une rencontre disputée dans le maillot vert extérieur de Bologna car le maillot de la Sampierdarenese était trop proche du blanc utilisé par Bari. « Gipo » reste deux saisons supplémentaires avec la Sampierdarenese, obtenant deux maintiens en fin de saison. 29 buts en 139 rencontres pour lui sous les couleurs du club entre 1931 et 1936.


Avec son frère Luigi, à gauche, lors d'un derby Genoa-Sampierdarenese.
Au duel aérien contre la Juventus sous le regard de Foni, son futur acolyte sur le banc de touche de la Sampdoria.
A droite, c'est lui qui tient le ballon dans ses mains.


Une faute souvenir avant le barrage contre Bari. A droite, Poggi, en maillot vert, prêté par le président de Bologna.


Comini bat Cubi et inscrit le seul but de la rencontre, sous le regard de Poggi, la Sampierdarenese monte en Serie A !

Durant l’été, demandé aussi bien par l’Inter, la Juventus que l’AC Milan, il rejoint ces derniers où il n’effectuera que dix rencontres en deux saisons. Une curiosité à propos de ce transfert chez les nerazzurri : parti de Gênes pour signer à l’Inter, il est accueilli à la gare centrale de Milan par une dirigeant rossonero qui l’emmène directement au siège du club pour y signer un contrat ! Jamais à son aise dans la ville aussi bien que dans le club, il n’hésite pas une seconde lorsque la Fiorentina, tout juste reléguée en Serie B, cherche à le recruter. Il rejoint Florence durant l’été 1938 et restera cinq saisons au sein du club viola (4 buts en 149 matches). A propos de ce transfert il indiquait « Je n’ai pas hésité une seconde lorsque la Fiorentina m’a contacté, je me suis échappé de Milan et je suis allé à Florence où par ailleurs était arrivé mon frère, Luigi. Après une seule année en Serie B, le club a retrouvé l’élite et je suis resté quatre saisons de plus… ». Dès la première saison, il remporte donc son second titre de champion de Serie B et retrouve la Serie A. L’année suivante, en 1939/40, il remporte la Coppa Italia en battant le Genoa en finale (1-0). Dans son équipe, on retrouve un certain Giuseppe Baldini qui fera les beaux jours de l’Andrea Doria et Sampdoria quelques années plus tard et également, sur le banc, Giuseppe Galluzzi, le futur premier entraîneur blucerchiato. Solide élément du milieu de terrain, à l’apogée de sa carrière, il quitte la Fiorentina du fait de l’arrêt des championnats durant le conflit mondial.


Trois formations de la Fiorentina. On reconnaît Gei ou Baldini, futurs joueurs blucerchiati !

Après cinq années à Florence, à trente ans, il revient dans sa ville natale, cette fois au sein du Genoa. Dix-sept rencontres pour lui en deux saisons dans les championnats pendant la Guerre Mondiale avant un transfert à l’Andrea Doria durant l’été 1945. Il évoquait cette expérience et ses retrouvailles avec Giuseppe Baldini sous le maillot doriano « Je l’avais vu à 18 ans avec la Fiorentina et je le retrouvais désormais mature et complet. Oui, cette année-là a certainement été la meilleure saison de sa carrière. Je ne l’ai jamais vu aussi fort qu’en maillot biancoblu ! ». Une saison pour lui (16 matches) avant que le club ne fusionne avec la Sampierdarenese pour donner naissance à l’Unione Calcio Sampdoria.


La photo de présentation et son contrat avec l'Andrea Doria !
A droite, un derby contre la Sampierdarenese en 1946, juste avant la fusion, en tant que capitaine.


La formation biancoblu 1945-46. A droite, lors d'un derby remporté 3-0 contre le Genoa en 1945.

 

En fin de carrière, il effectue cinq rencontres avec la Sampdoria entre la 25ème et la 30ème journée de championnat. Cinq rencontres, un total suffisant pour rentrer dans l’histoire du football génois en ayant évolué au sein de toutes les équipes majeures génoises, le seul joueur dans ce cas.


Premier sur le terrain pour affronter la Lazio, sa seconde rencontre officielle en blucerchiato. Le troisième joueur sur la seconde photo.

En fin de saison, à 34 ans, il prend sa retraite et se lance dans une carrière d’entraîneur qu’il avait anticipé. Aussi bien lors de son année avec l’Andrea Doria que celle avec la Sampdoria, il s’est évertué à être un exemple pour les jeunes, à vouloir leur enseigner le métier de footballeur. Des années plus tard, il disait ainsi, évoquant la fusion donnant naissance à la Sampdoria « Entre nous, joueurs, on en parlait pas beaucoup, aussi parce que lorsque tout cela a été décidé, la saison était finie depuis un moment et on était tous un peu chacun de notre côté. De mon côté, j’avais déjà suivi des cours pour devenir entraîneur lors de mon passage à la Fiorentina, et j’avais obtenu mon diplôme pour pouvoir entraîner dans les divisions inférieures. Les nouveaux dirigeants m’ont proposé de prolonger mon contrat tout en me confiant la charge des équipes de jeunes, un domaine qui rentrait justement dans ce que je souhaitais faire. Les aléas de la saison ont fait que j’ai effectué cinq rencontres avec la Sampdoria tout en ayant pris l’habitude d’être l’adjoint de Galluzzi dans ses fonctions ».


Vainqueur vu Viareggio 1950 en tant qu'entraîneur, aux côtés de Foni et des joueurs pro.

Il entamera une carrière d’entraineur, on le retrouvera d’ailleurs à plusieurs reprises sur le banc de la Sampdoria : en 1950/51, en 1952/53 et de nombreuses années en tant qu’entraîneur adjoint de Fulvio Bernardini. D’autres expériences à Pavia (relégation en Serie C et sauvetage au spareggio l’année suivante en 1954/55), Catania, Genoa (licencié en cours de saison, relégation en Serie B), Cesena et Entella sont à signaler. En tant qu’entraîneur, il remporte le Tournoi de Viareggio 1950 avec la Sampdoria, premier trophée de l’histoire du club génois. En janvier 1992, quelques mois après le Scudetto remporté par sa Sampdoria, Gipo Poggi s’éteint à Gênes.

Une institution du foot génois et de la Sampdoria !

Ciao Gipo !
 

Mise à jour le Mardi, 06 Février 2018 20:57
 
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