Home
Il était une fois...Paolo Marocchi Imprimer Envoyer
Dimanche, 31 Décembre 2017 18:08

Il était une fois...Paolo Marocchi

1946-1966 : 156 matches / 1 but

Paolo Marocchi (né le 16 mai 1936 à Suzzara et décédé en 1998) était un footballeur italien évoluant au poste de latéral gauche. Contrairement à beaucoup d'autres joueurs de son époque et encore plus à nos contemporains, Paolo Marocchi a la particularité d'avoir joué durant toute sa carrière avec une seule tenue sur les épaules : la blucerchiata. Son histoire est faite de délusions et de gloire manquées pour un souffle. On le surnommait Paolino et parfois même Bimbo. Un talent pur qui n'a jamais pu exprimer son plein potentiel suite à une blessure mal soignée qui le conduira à mettre un terme à sa carrière à tout juste 30 ans.

Arrivé à la Samp dés la catégorie des poussins, il évoluera au sein des différentes équipes de jeunes du club blucerchiato. Il participe au Tournoi Carlin's Boys de San Remo en 1954, un tournoi international qui regroupe des équipes composées de joueurs de moins de 19 ans. Après avoir éliminé le Servette Genève, le Wacker Vienne (champion d'Autriche 1947) et Madrid en demi-finale, le club échoue en finale face à l'Inter (1-0).


La formation blucerchiata qui s'incline en finale du Tournoi International de San Remo.
Paolo Marocchi est accroupi, à l'extrême gauche. A noter Arrigoni, qui jouera de 1954 à 1958 avec l'équipe pro.


Il poursuit son apprentissage au sein des formations de jeunes avant de débuter en Serie A lors de la saison 1956/57, à 20 ans, avec huit apparitions. L'équipe a fait un très bon début de saison, occupant même la tête mais son irrégularité lui font finir le championnat à un point seulement de l'Udinese, quatrième. Le talon d'Achille de la formation est sa défense, la troisième plus perméable du championnat! L'année suivante, il gagne ses galons de titulaire mais le début de saison est catastrophique avec une seule victoire en douze rencontres. Les blucerchiati arrachent finalement leur maintien lors de la dernière journée grâce à un succès face au Torino (4-0). Une fois encore, la défense a posé problème avec 62 buts concédés : seule la Lazio a fait pire! Lors du mercato suivant, les arrivées de joueurs tels que Vincenzi ou Bergamaschi, relèguent Marocchi sur le banc, lequel ne joue que cinq rencontres d'un championnat achevé en cinquième position.


Marocchi en 1957 face à Alessandria et la Juventus de Sivori

 


Retour aux vestiaires lors de Samp-Juve 1957 (2-1)
Marocchi est à gauche sur les marches d'escalier puis au centre 

Lors de la saison 1959/60, il démarre à nouveau dans la peau d'un remplaçant mais il prend le poste de Glauco Tomasin au soir de la septième journée et restera titulaire jusqu'en fin de saison. Il en sera ainsi jusqu'en 1962, Paolo Marocchi évoluera en tant que titulaire au sein de l'arrière garde blucerchiata ou milieu défensif du fait d'une très bonne technique. Ces équipiers comme Sergio Brighenti le comparaient à Virgilio Maroso, un des plus grands latéraux de son époque, décédé dans la tragédie de Superga avec ses équipiers du Torino en 1949.
Il fera donc partie de l'épopée des "petits vieux sympathiques", cette formation conduite par Eraldo Monzeglio à la quatrième place finale (record du club à l'époque) et dont beaucoup pense qu'elle aurait pu remporter le titre sans le départ de son prodige Bruno Mora vers la Juventus en cours de saison. Ceci sera l'apogée de sa carrière sampdoriana, participant à la Mitropa Cup, face à Bologna, l'Austria Vienne et le Spartak Stalingrad mais aussi d'autres compétitions comme la Coupe des Villes de Foires en 1962/63 ou l'International Football Cup la saison suivante. Il est donc des premières expériences internationales de la Sampdoria.


Aux côtés de Rosin, le portier doriano, un cadeau entre les mains.
Nous sommes en 1960/61, la Sampdoria finira quatrième du classement final


A gauche, Paolo Marocchi lors d'une tournée en Amérique de la Sampdoria
A droite, il ne peut empêcher un but de Padova et ne peut que constater les dégâts! 

Malheureusement, lors de l'avant dernière journée de 1961/62, il se blesse gravement au genou gauche lors d'un match face à Bologna et ne parviendra jamais à récupérer intégralement son niveau d'avant-blessure. Il a 26 ans et sa carrière vient de prendre un mauvais virage. Pietro Battara, portier blucerchiato et compagnon de chambrée de Marocchi, dit à propos de l'incident "C'était un match à Bologna, un match de fin de saison. Je me souviens que ce fût une très grosse faute, une faute inutile". Paolo Marrochi, lui, évoquait sa blessure ainsi : "On était mené 1-0, c'était l'avant dernier match de la saison, un championnat tranquille, en milieu de classement, eux étaient juste derrière les premières places. Un mois après, je devais fêter mes 26 ans. On voulait revenir au score et on poussait pour égaliser. Je venais de récupérer une longue ouverture adverse, au moment de me retourner pour repartir vers l'avant, Marino Perani me tacla la jambe en retard, inutilement. Ce fût une faute de lâche, une faute inutile".

Plâtré durant un mois, son genou le faisait toujours autant souffrir, on décide alors de le faire opérer à Rome par le chirurgien qui s'est occupé de Pelé. On lui retire le ménisque internet mais la douleur ne faiblit pas. Lors de sa rééducation, chaque effort engendre un gonflement du genou qui se remplit de liquide. Peu convaincu par les médecins italiens, il va en Autriche avec Ernst Ocwirk pour voir le médecin de l'équipe nationale autrichienne, lequel lui dit que son ménisque externe est rompu et qu'il a une vingtaine de fragments dans l'articulation. On lui indique qu'il doit se faire opérer en urgence s'il ne veut pas boiter jusqu'à la fin de ses jours.


A gauche,avant sa blessure avec Bernasconi en compagnie du masseur du club.
A droite, il protège Rosin lors d'un Milan-Samp (3-1) de 1961

A partir de la saison 1962/63 et jusqu'au terme de sa carrière, il évolue beaucoup moins régulièrement, son genou l'empêchant d'enchaîner les matches. La Sampdoria, qui avait reçue de nombreuses offres pour son joueur de la part de l'Inter, de la Juventus ou de la Fiorentina avant sa blessure, en reçoit encore de la part de clubs comme Mantova mais décide de repousser l'offre. Excédé par l'attitude de ses dirigeants, Paolo Marocchi décide de prendre sa retraite au terme de la saison 1965/66 et cinq petites apparitions, un exercice qui s'achève sur la première relégation du club en Serie B, au terme d'un scandaleux Lazio-Samp resté dans les mémoires pour une faute flagrante oubliée sur Ermanno Cristin. La photo de la faute est affichée dans tous les médias, lesquels suspectent des arrangements illicites.

Au cours de sa carrière, un seul petit but pour lui, inscrit à Bari, un but "inutile" puisque les blucerchiati seront battus 2-1 ce 12 avril 1959. Paolo Marocchi n'est pas le joueur le plus connu de l'Histoire de la Sampdoria, il n'en a pas moins été l'un de ses fidèles joueurs, n'évoluant que sous un seul maillot dans sa carrière, une carrière qui aurait pu être bien meilleure sans cette sale blessure survenue en avril 1962. L'attitude peu correcte des dirigeants suite à sa blessure mal soignée et lors de ses transferts avortés en 1966 sont à signaler. A Gênes, on a rendu hommage à Paolo Marocchi, décédé en 1998, en donnant son nom à une place devant un terrain de football dans le quartier du Quarto. 


Paolo Marocchi lors des son début de carrière à la Samp.
En maillot blanc, en compagnie de Luigi Toschi et Santino Maestri, la jeune garde blucerchiata


Au centre aux côtés de Rosin, l'une des plus belles Sampdoria de l'Histoire en 1961/62
Brighenti, Vicini, Bergamaschi, Vincenzi, Skoglund, Toschi, Bernasconi, Marocchi, Rosin, Boskov et Cucchiaroni

Ciao Paolo !

Mise à jour le Dimanche, 04 Février 2018 15:08
 
Derniers résultats

30/10 - Verona - Sampdoria (20h45)
26/10 - Sampdoria - Atalanta 1-0
20/10 - Livorno - Sampdoria 1 - 2
06/10 - Sampdoria - Torino 2 - 2